CR Saintélyon 2015 (2/2) Jusqu’au bout de la nuit

Minuit, sous un ciel étoilé parfaitement dégagé le départ est donc donné. Minuit sept nous passons la ligne ; nous voici en route pour Lyon.

St Etienne – St Christophe en Jarez km15
On débute par environ 7km de bitume, je me souviens bien de cette partie l’année dernière, c’est très roulant, beaucoup de faux plat descendant. Je décide donc d’imprimer un rythme assez “soutenu” (entre 6’40 et 6’50/km) pour faire dérouler un peu les jambes, mon binôme JB dans la roue, enfin dans les guêtres. Au bout de quelques kilomètres il s’inquiète un peu de l’allure mais je le rassure. C’est roulant on avance tout seul c’est le moment de gagner un peu de temps. Et puis on est parti en fin de peloton, il serait bien qu’on double un peu car quand la route va s’élever, on risque d’être bloquer dans les bouchons. On avance bien, et finalement quand on attaque la montée nous ne sommes pas trop gênés. Bien sur il y a du monde et on perd parfois un peu de temps, mais rien de comparable à ce que j’ai vécu l’année dernière avec de longues minutes à l’arrêt. Ça me met de bonne humeur tien!! Dans les descentes pareil, JB et moi sommes très à l’aise (ha on les repère les pures bitumeux tendus comme des strings en descente!!) et on double pas mal de monde sans forcer. km 13 ça remonte un peu plus sec, JB me prend quelques longueurs, lui qui s’inquiétait de notre allure rapide a un petit moment d’euphorie huhu. Je comble l’écart en soufflant un peu, je sais que le ravito n’est pas loin, mais je note de lui rappeler qu’on a encore 60 bornes devant nous!

km15 voici donc le premier ravitaillement après 1h52 de course. La première galère. Comment vous dire. C’est la foire d’empoigne! Une petite tente pour des milliers de traileurs qui débarquent assoiffés devant quelques tables déja très dégarnies et quelques courageux bénévoles débordés. Impossible pour moi d’attraper un truc à manger ni de remplir mes flasques. JB et moi dégotons miraculeusement un vers de coca chacun et c’est tout. Ha non attendez, c’est pas du coca, c’est du.. pepsi max !! yesss!! on court 72km, une boisson light c’est exactement ce qu’il nous faut bien pensé les mecs!! On se regarde un peu désemparés, bousculés dans tous les sens, on s’extirpe de la tente tant bien que mal et on repart en espérant avoir plus de chance au prochain ravito.

St Christophe en Jarez – Ste Catherine km27
On repart donc. Je suis un peu énervée et stressée après cette cohue. Je me sors une pate de fruit aptonia vu que j’ai encore rien mangé. Je finis par me détendre un peu en regardant les étoiles, et puis j’aime bien le tracé très varié, ça monte pas trop raide, ça descend, ça remonte, ça me convient bien. km18 JB a un petit coup de mou il me dit de pas m’inquiéter qu’il va me rattraper. Je préfère pas trop m’éloigner quand meme jusqu’à ce que quelques gênes de tuyauterie s’invitent à la fête. Il faut que je m’arrête. J’accélère donc un peu histoire de prendre un peu d’avance sur JB et je m’arrête dans un buisson ou je vois passer sans être vue (enfin j’espère). Je vois pas mal de monde passer dont la veste verte de JB et repars un peu après à sa poursuite. Je rattrape la veste, c’est pas JB. Bon ça doit etre celle de devant . Perdu c’est pas lui non plus. Le sort en est jeté, je ne retrouverais plus mon binôme de toute la course, je vais passer 50 bornes à me demander si il est devant ou derrière et courir après toutes les vestes vertes aperçues au loin et il y en aura beacoup! c’est quoi cette nouvelle mode du vert fluo dans le peloton.

Bref j’atteins St Catherine en 1h50. 2ème galère. Même topo que le premier.. en pire. J’atteins une table tant bien que mal. Elle est vide. Une bénévole passe et me rempli mon gobelet de pepsi max toujours, c’est déjà ça. Je lui demande de l’eau. “yen a plus”.. heu pardon vous pouvez répéter? J’abandonne. j’abandonne l’idée de me ravitailler hein pas la course. je jette un coup d’œil du coté des toilettes… laisse tomber pas mieux. je repars. pas contente!!

Ste Catherine – St genoux km39
2eme pate de fruits donc. après ca je n’aurais plus qu’un gel et un “coup de fouet” si j’avais su j’en aurais pris plus mais “ne vous chargez pas vous aurez de copieux ravito tous les 15km ” qu’ils avaient dit. Bref le principale souci ca va être l’eau, il va falloir rationner jusqu’à St genoux et prier pour pouvoir y faire le plein même si je dois y perdre une heure.
C’est le segment le plus dur, ca monte raide, les jambes commencent à tirer ce qui est normale mais plus inquiétant j’ai une douleur sous la plante des pieds qui se fait de plus en plus présente. Ca tient éveillé remarque. Il est 4h du mat et les première frontales du peloton commencent à lacher. J’économise la mienne au max, l’éteignant à chaque occasion et ne l’allumant qu’en mode mini car c’est bien joli d’avoir un jeu de piles de rechange dans le sac mais ya pas beaucoup de volontaires pour effectuer le changement dans le noir au milieu des bois haha. Evidemment ca comporte quelques risques. je tape le pieds dans un caillou dans une petite descente et me récupère au prix d’un bon coup rein qui m’arrête net. une douleur aiguë me remonte tout le long du dos. ouch. grande inspiration, petit étirement. ouf plus de peur que de mal, je repars.Après une bonne grosse montée qui commence à faire souffrir pas mal autour de moi, on amorce une longue descente jusqu’à St genoux, vous l’aurez deviné, la 3eme galère.Je n’ai plus d’eau et donc pas le choix, faut faire le plein. Je me prends pas mal de coup de coudes et de sacs avant d’arriver à une table. Une bénévole pose une bouteille sous mon nez mais avant que j’ai le temps de réagir le mec derrière moi l’attrape et se barre avec. Connard. Je croise le regard du monsieur à coté de moi aussi ahuri par ce genre de comportement. “vous voulez aussi de l’eau mademoiselle?” “ben oui j’essaie, je suis à sec” “bon si on arrive à avoir une bouteille on la partage”. Une bénévole débarque à l’autre bout de la table bouteille en main. Je me couche littéralement sur la table et fait remplir une de mes flasques et celle du monsieur. On se souhaite bon courage et c’est reparti.

St genoux – Soucieu en Jarrest km51
Prochain objectif Soucieu, on amorce la descente vers Lyon, le plus dur est fait. Enfin ça c’est ce qu’on croit. Ya pas mal de raidillons qui font bien bien mal. Et puis je galère en descente avec cette douleur dans les pieds qui devient de plus en plus dur à ignorer, je sers les dents mais je suis obligé de marcher sur les terrains les plus caillouteux ; j’en viens à languir le retour du bitume on aura tout vu. Ca reste quand meme incroyuable de voir des gens nous encourager en pleine nuit au milieu de nulle part avec une énergie hallucinante. J’adore vraiment cette ambiance.
Mais malgré le jour qui point c’est la première fois depuis le départ que je commence à avoir un peu froid, les effets de la fatigue et du manque d’alimentation. Je décide d’avaler mon coup de fouet que je garde normalement pour le dernier 10 mais bon quand il faut il faut. J’essaie de garder un bon rythme de marche rapide dans les montées et j’arrive à Soucieu un peu en pilotage automatique. Et là je revis. Hallelujah! Un vrai ravitaillement accessible et garni. J’avale un verre de pepsi, une tranche de pain avec du jambon et du fromage, un morceau de banane et je fais le plein de ma flasque. On n’y croyait plus et bordel ça fait du bien!!

Soucieu en Jarrest – Chaponost km61,5
Je repars revigorée direction Chaponost. Il ne reste plus qu’un semi. On tient le bon bout. Et c’est la valse des calculs qui commencent dans ma tête, j’ai mal partout et je ne veux pas être trop optimiste donc je me donne 4h pour boucler. je calcule quelle allure il me faut tenir et si je vais plus vite quel chrono je peux espérer? à chaque kilomètre écoulé je reprends les calculs à zéro et évidemment ça correspond jamais au résultat précédent. neurones grillés la fille, mais ça l’occupe et lui évite de penser à ses pieds.
Arrivée à chaponost en 8h52. pain/jambon/fromage comme au précédent ravito. Les traileurs autour de moi sont de plus en plus souriants, ça sent la quille! plus que 10!!

La position de mes bras me laisse toujours aussi perplexe

La position de mes bras me laisse toujours aussi perplexe

Chaponost – Lyon km72.3
9h05 de course au km62  ma montre numéro 1 va lâcher, je passe sur la deuxième. Je repars donc à 0 pour le dernier 10km ca va simplifier mes calculs huhu.
Je n’ai donc mis “que” 1h30 pour les 10 derniers kilo, je revois mes objectifs à la hausse. Je peux peut etre viser 10h30 finalement? il me faudrait une allure de plus ou moins 8mn au kilomètre non laisse tomber c’est pas possible. kilomètre suivant en 7’53. ha si cest possible alors? puis devant la montée de l’acqueduc ho putain non c’est mort. ho merde stoppe! on arrête de cogiter et on donne tout! on descend ces putains d’escaliers comme on peut, on remonte ces putains d’escaliers en chouinant, et on relance sur le pont. c’est la fin, on passe devant le musée ou il a y pas mal de monde, puis l’arrivée à la halle tony garnier, ils sont longs ces 300 derniers mètres purée j’ai mal je donne tout ce qu’il reste et passe la ligne en 10h20’54J’en reviens pas.

temps passage sainté saintearrivée
Cette Saintélyon aura été marqué par de très gros manquements de l’organisation qui sont assez hallucinants après 62 éditions.

– pour ceux qui n’ont pas la chance de pouvoir arriver tôt sur place c’est incroyable le temps et l’énergie dépensé pour arriver jusqu’au départ : jusqu’à 2h d’attente pour avoir son dossard – puis 1h pour l’exorbitant ticket navette (on choisit de prendre la navette ou pas dès l’inscription dc pourquoi pas le billet avec le dossard??????) – puis 1h pour montée dans la dite navette
– l’année dernière la pasta party était installée à l’extérieur du hangar donc ça allait, mais cette année, un tiers du hangar réquisitionné pour la pasta = plus assez de place pour tout le monde pendant les heures d’attente avant départ
– les ravito  c’est juste scandaleux je vois pas ce qu’il y a à ajouter. quand tu peux pas bouffer pas boire sur une course de 72km c’est juste inacceptable. même le ravito d’arrivée était plus que moyen. et le repas d’après course c’était quoi cette blague? une clémentine et une mini barquette de pâtes?
– les cadeaux : honnêtement je préfère pas avoir de cadeau du tout que cet espèce de bonnet made in Bangladesh qui ressemble à un bonnet de bain pour moins de 10 ans!! la dame elle m’a donné ce truc j’ai cru que c’était une blague c’a m’a foutu les nerfs, nan vraiment gardez le votre truc. Et le t shirt finisher…
On se demande vraiment ou passe le prix très conséquent du dossard.
Les cotés positifs quand même il y en a :
– j’adore l’ambiance de cette course vraiment- toujours un plaisir d’y retrouver les copines/copains traileurs de bon moment de rigolade- pas de bouchons pour moi cette année et c’était très très appréciable de pouvoir faire sa course- chrono inespéré pour moi
saintepont

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CR Saintélyon 2015 (1/2) L’épreuve avant l’épreuve

5 décembre, le dernier gros morceau de l’année se profile à l’horizon : la Saintélyon.
Ce sera ma deuxieme sainté version complète. L’année dernière j’ai couru avec beaucoup de plaisir en coachant Laure et en la poussant avec fierté jusqu’à la ligne d’arrivée en moins de 12h qui était l’objectif.(11h40 yeahh!!)
Cette année ce sera une autre histoire, Laure aura une autre binome plus relax que moi en la personne de Franca et moi je m’élancerais sur la ligne de départ avec JB avec un objectif estimé entre 10h40 et 11h.
Oui mais avant ça, il faut l’atteindre cette ligne de départ, et c’est déja une mission !!
 Samedi levé 8h donc. Mon premier gros stress de la journée va etre que je dois laisser mon poilu en dogsitting. Je le laisse à des amis mais quand meme, c’est une premiere, c’est dur, VOUS MOQUEZ PAS!! Bref histoire de déculpabiliser je vais aller me taper 10km de ballade avec le loustic en guise d’échauffement. Ensuite quelques courses, préparation de son sac (lol) puis du mien que je défais et refais environ douze fois histoire de vérifier que j’ai mis la bonne paire de chaussettes ou que j’ai pris assez de buff (4 ça devrait aller non? ). Préparation du picnic pour le soir (salade de pates) ; nous avons en effet pris l’option SURTOUT PAS DE PASTA PARTY car c’était à la limite du comestible l’année dernière. J’emmène le loustic chez les dogsitter (à nouveau 30mn de marche) puis je rentre pour une petite sieste qu’évidemment je n’arrive pas à faire, non à la place je mets un 5eme buff dans le sac on sait jamais.
17h JB vient me chercher et direction la Halle Tony Garnier, nouveau lieu d’arrivée de la Sainté, pour le retrait des dossards.On y arrive à 17h30, on se gare comme des porcs là ou on peut car en plus c’est soir de match à Gerland et direction la file d’attente pour une premiere fouille pour rentrer dans la halle. On traverse ensuite le batiment pour arrivée à une nouvelle file d’attente pour les dossards. Finalement ca va avancer assez vite et l’attente ne sera pas trop trop longue. Pour ceux arrivés apres 18h en revanche, ce sera un véritable chemin de croix puisque lorsque l’on part prendre la navette apres avoir retrouvé Laure et Franca, on observera avec désolation et pitié la looooongue file d’attente qui s’étirera en zigzagant à travers toute la halle tony garnier. Hallucinant. Premier d’une nombreuse série de bugs de l’orga. J’aurais littéralement pété un cable dans cette queue.
arche

L’objectif.

Bref on arrive à la navette assez tôt, vers 19h et on embarque dans une espèce de bétaillère des plus inconfortables dont le billet nous a couté la modique somme de 13€ (oué…) ; un bus scolaire, siège en bois que tu sens à travers le “rembourage”, pas d’appui-tête, si tu fais plus d’1.65 tu peux pas rentrer tes jambes, JB à coté de moi a peine à s’installer plié en deux. Et le chauffeur.. wahou.. premier rond point il manque d’embarquer l’aile d’une bagnole, il alterne clim à fond quand on roule et chauffage à fond quand on est à l’arret, la lumière est éteinte on fait tout le voyage dans le noir c’est glauque, et à un feu rouge il redémarre en marche arrière. Le chauffeur est il bourré?  Va t on arriver entier à sainté? après un trajet qui parait interminable oui nous y somme enfin !!
2ème fouille et là c’est le sketch. On nous avait prévenu qu’avec les mesures de sécurité renforcées cette année nous n’avions pas droit aux réchauds ce qui parait logique, mais on nous avait pas dit qu’on n’avait pas le droit aux couverts non plus!! Fouille des sacs donc et hop on regarde tous nos couverts partir à la poubelle, sauf une fourchette en plastique que j’avais et… le couteau de Franca haha !! quand le mec lui demande si elle a une fourchette Franca répond non mais j’ai un opinel; le mec hausse les épaules et la laisse passer.. il devait pas savoir ce que c’était un opinel et a pas voulu passer pour un con en demandant. Cela a au moins le mérite de nous offrir une bonne rigolade.
HANGAR

Là c’est pas encore plein.. //palace

Et voila nous sommes enfin dans le hangar ou nous nous installons sommairement pour manger.. un peu plus de 3h à y patienter… juste le temps qu’il nous faut pour choisir et rechoisir et déchoisir la tenue la plus adaptée aux conditions météo exceptionnelles annoncées. L’année derniere j’avais deux couches thermo plus la veste coupe vente manches longues, cette année ce sera juste un sweet manches longues et coupe vent manches courtes… et un seul buff.

Ca y est yapluska!!!

saintedepart

Let’s go !!

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CR Canicross de Miribel : La brèle et la bête

22 novembre sonne l’heure de notre premier canicross, mon premier dossard avec mon binôme favori, je suis à la fois impatiente et angoissée , j’ai passé une bonne nuit de merde.
Le départ me donne des sueurs froides car le comportement de Jorah au milieu de 50 chiens inconnus reste assez aléatoire. Ce sera un gros test pour lui.
Bref le 22 on arrive assez tôt sur place pour prendre la température au propre (très tres froid et humide) comme au figuré (bonne enfant).
Récupération du dossard puis on s’éloigne un peu histoire que mon partenaire satisfasse à tous ses besoins naturels avant le départ et se détende un peu sans griller tout son influx nerveux car il a compris ce qui était à venir et autant dire qu’il est impatient et totalement intenable!

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On est tous les 2 arnachés, on est prets !!

On est tous les 2 arnachés, on est prets !!

Là je sais pas ce que je fais huhu

Là je sais pas ce que je fais huhu

9h45 on nous annonce que le départ est repoussé de 30mn. 30mn de plus à se peler les miches et à essayer de contenir la fougue de Jorah qui me sort des départs arrêtés tous les 2mn. Oui j’ai compris que tu en as marre d’attendre loulou, moi aussi, mais c’est pas une raison pour m’arracher les bras! Je suis déjà crevée avant d’être partie super!
10h10 on commence à se diriger gentiment vers la ligne de départ. Ensuite c’est un joyeux bordel pour l’organisation des vagues de départ. 20 par 20 environ. On prendra la première vague cool.
Jorah est au taquet, donne de la voix, saute dans tous les sens.. je l’assoies et m’accroupi à coté de lui en lui murmurant des encouragements pour le calmer. Ca marche.. pendant 30 secondes haha.

Parés à s'élancer !

Parés à s’élancer !

Le point positif c’est qu’il est tellement impatient de courir qu’il ne calcule absolument pas tous les chiens autour de lui.  Enfin l’arbitre de course vient se placer à notre droite et le départ est imminent. Compte à rebours..10…9..

3…2…1 départ à fond les ballons, on déboule en 3eme ou 4eme position au bout de la ligne droite, je lutte pour faire tourner les jambes à cette vitesse et garder l’équilibre dans les cailloux.

Je freine un bon coup avant la descente qui suit histoire de pas me tuer de suite et de donner un peu de large entre les chiens. Il y a 3 ou 4 mecs devant et une nana. Chacun essaie de revenir à un rythme un peu plus gérable après le départ canon des poilus. Jorah tracte super bien, droit devant, il kiffe le saligot! pendant que sa maman se meurt derrière lui après avoir bouclé le premier kilomètre en 4mn10. On reprend peu à peu les longueurs que j’ai volontairement laissé échappé sur le départ. On double un mec puis on se retrouve derrière la nana tractée par une très jolie husky prénommée Hayumi. Jorah est chaud pour la dépasser et ne pas laisser le mec devant prendre le large mais je décide de rester sagement dans les pattes d’Hayumi (enfin de sa maîtresse) car 1/ je suis déjà grillée je sais pas comment je vais finir et 2/ si je passe Hayumi et qu’on perd de vue le mec devant je connais le loulou il va s’arrêter pour attendre la chienne derrière donc autant rester là de suite. Hayumi et sa maîtresse sont les parfait poissons pilote. On enchaîne les 3 km suivant sur un rythme assez régulier 4’24 – 4’22 – 4’25. Jorah est absolument parfait , et il est clair que si il se traînait pas son boulet de maîtresse il passerait facile. (enfin bon si il est aussi en forme c’est parce que la dite maitresse le sort énormément alors je m’auto pardonne)

Longe étirée au max, le loustic est au taquet

Longe étirée au max, le loustic est au taquet

Arrive un passage sur un petit pont, Hayumi choisi de passer dans l’eau ce qui stoppe sa maîtresse au bout du pont et provoque un petit emmelage entre nos loulous mais on repart très vite sans problème. Puis on croise des chasseurs avec un gros labrador noir. Jorah se laisse un peu impressionner par le bestiaux et s’arrête. Je l’encourage gentiment et on repars en trottinant. On a perdu quelques longueurs sur nos concurrentes mais le loulou relance pour les combler. Plus ou moins le même scénario quelques centaines de mètres plus loin avec une promeneuse qui laisse sa beagle se précipiter sur Jojo. Nouvelle perte de temps,  sauf que le soleil pointe le bout de son nez, je suis carrément en surchauffe et je décide de ne pas combler l’écart avec ma concurrente. Il ne reste QUE 2,5km mais depuis le début j’ai bien vu que la maîtresse d’hayumi est bien plus affutée que moi et le but c’était de la suivre le plus longtemps possible. Il est temps de laisser filer un peu sous peine d’exploser. Sauf que voila du coup Jorah est beaucoup moins disposer à tracter, lève un peu la tête et s’arrête même pour un pipi. Je connais cette bouille par cœur, il a senti un truc.. je l’encourage pour essayer de le garder concentrer et puis.. et puis oh merde j’ai trop envie de faire pipi moi aussi. Je m’arrête. A 2km de l’arrivée oui vous avez bien lu. Un truc qui me paraîtrait totalement incongru et honteux dans tout autre course héhé.  Je fais mon affaire vite fait et au sortir du buisson hop qui c’est qu’on trouve? nos partenaires d’entrainement Romain et Dolce.. ben voila ! Jorah avait senti son copain pas loin derrière d’ou son manque d’entrain à relancer! On repart donc avec Romain et Dolc pour boucler le dernier kilomètre et demi. A quelques centaines de mètres de l’arrivée la dernière côte, j’avale un moustique ça me stoppe net, obligé de marcher quelques pas pour reprendre mon souffle. On laisse passer Romain et Dolc puis sprint final et enfin la ligne!

(vidéo sprint final, on note le moment de déconcentration du loulou… merci maman !)

Comment vous dire? Je suis CAR BO NI SEE  mais super fière de mon loulou qui a été exemplaire, un vrai champion! Nul doute que si il se traînait pas sa brêle de partenaire le haut du classement lui tendait les bras! Enfin le haut on en est déjà pas loin puisque l’on se classe 6eme au scratch et 2eme SF. On ne patientera malheureusement pas jusqu’au podium, trop gelés et affamer pour attendre jusqu’à 14h. Direction la maison ou on a.. dormi toute l’après midi!
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Le bitume c’est fantastique …. (nan je déconne)

Début octobre, après des mois de nonchalance à l’entrainement, je me dis qu’une inscription de derniere minute au runinlyon ne me ferait pas de mal.
En effet depuis plusieurs moi j’ai du mal à sortir en sortie longue (euphémisme, j’ai fait zero sortie longue) car mon partenaire canin ne connait pas le concept de sortie en endurance. Du coup on se contente de sorties courtes en 4’30/km. Mais  il y a un peu la saintélyon dans 2mois, faudrait s’y remettre, des sorties de de 6km en 25mn ça risque de pas suffire.

Enduquoi? jsais pas ce que c'est moi !!

Enduquoi? jsais pas ce que c’est moi !!

Bref quelques jours avant le 4 octobre j’opte pour le semi. Je n’ai absolument pas d’expérience sur le bitume qui m’ennuie profondément. J’ai un semi au compteur il y a deux ans ou j’avais scoré un minable 2h08. Je ne sais pas courir à l’allure, j’ai pas couru plus de 10bornes depuis des lustres, bon l’objectif sera donc un raisonnable 2h00.

Le 4 octobre me voici donc dans le sas de départ à me peler les miches à 8h20 en me demandant ce que je fous là. Je refais mes calcules car je sais deja plus quelle allure je dois tenir pour finir en 2h.  5’40? purée mais j’ai jamais couru aussi vite de ma vie en fait je sais pas trop comment je vais faire, pour moi au dela du 10km/h c’est terrain inconnu.
Bref 8h50 le départ est enfin donné. Ca part assez vite je m’effeuille au fur et à mesure du premier kilomètre. un buff en moins. le coupe vent. les manchettes. bip bip k1 bouclé en 5’25 bon c’est rapide mais c’est toujours ça de pris. Evidemment j’ai envie de faire pipi et voir les mecs s’arreter tout le long de la route sans vergogne m’énerve au plus haut point. Je calme un peu sur le 2eme, un peu trop puisqu’on passe en 5’50. ben oui jvous ai dit les allures et moi ça fait 12! Les jambes tournent bien néanmoins. Le parcours est totalement sans interet à vrai dire donc je me concentre pour ne pas me laisser endormir. Et puis comme c’est du faux plat descendant je me dit que je vais forcer un peu l’allure histoire de gagner du temps car inévitablement à un moment ça va remonter non? kilometre 4 on a  une petite cote (genre 200m de long grand max?)  pas bien raide pour moi mais qui fait souffler les routards autour de moi et  met KO le grand gaillard à mes cotés. En “haut” il s’arrete. Je me marre discrétos et relance dans la descente.
Je zappe le ravito et continue tranquillement sur un rythme oscillant entre 5’25 et 5’40. Je suis un peu surprise de tenir ce rythme. Je me dis que je vais le payer. Et puis en plus on va passer en faux plat montant à un moment non? Ben non en fait. Mes jambes elles doivent bugger sur le bitume elles ont toujours l’impression que ça descend. km 12 je vois au loin le meneur d’allure du 4h du marathon. km14 je le rattrape. km 15 je le lache. Il reste que 6km, je sais pas combien de temps je vais tenir sur cette allure inconnue mais au pire il y aura qu’à serrer les dents.  Un rapide état des lieu m’indique que j’ai juste une petite douleur à l’aine droite et un point de coté à force de me retenir de cette envie de pipi haha. On a vu pire! 2h ca va le faire!
km 16 on arrive au passage du tunnel de la croix rousse aka THE FOUR. C’est l’horreur, on étouffe, je me sens vraiment pas bien la dedans,  j’ai un petit fond de claustrophobie qui ne demande qu’à s’exprimer si on ne sort pas au plus vite de ce truc.

Enfin la lumière au bout du tunnel, une grande respiration quand on retrouve l’air frais! ouf!! je regarde le chrono, pour 2h j’ai l’air large.. 1h55 ? je sais pas je suis plus assez fraiche pour calculer. j’ai du me planter c’est pas possible. Il reste 3km pour tout lacher.
km19 en 5’12 – km 20 en 5’08 – km21 en apnée en 4’37… ligne d’arrivée 1h55’10
J’en reviens pas, quel temps inespéré pour moi!!

Dernier kil en apnée... vite vite faut que j'aille faire pipi !

Dernier kil en apnée… vite vite faut que j’aille faire pipi !

Bilan :

par rapport à il y a deux ans l’organisation du run in lyon s’est largement amélioré je dois dire. aucun probleme de bouchon, une tres bonne ambiance le long du parcours.
Le parcours reste quand meme tres ennuyeux, enfin c’est du bitume quoi je me referais pas. Les routard sont pas là pour admirer le paysage faut que je m’y fasse.
Je finis tres satisfaite de ce semi quand meme. Je ne pensais pas passer sous les 2h, ca pourrait ptete me donner envie de bosser la vitesse un peu qui sait.

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Trail des Passerelles 2015 – plein les mirettes

Troisième week end de juillet sonne l’heure du rendez vous incontournable de mes étés depuis 4 ans, le Trail des Passerelles de Monteynard. C’était mon tout premier trail en 2012, sur le 15km – puis le 30km les deux années suivantes. Cette année ma camarade Carole m’a convaincue, sans grande difficulté j’avoue, de faire le grand saut sur le grand parcours de 55km. J’étais deja totalement non préparée pour le grand duc il y a trois semaines, et aujourdhui, avec une température moyenne de 42° sur ce mois de juillet, on peut dire que je n’ai pas couru un kilomètre de plus depuis. Ca va être coton cette histoire encore, surtout que la chaleur est toujours de la partie.

Quoiqu’il en soit, samedi 18juillet rendez vous avec ma petite troupe de joyeux lurons au camping de treffort ou nous nous installons gaiement dans la pinède. Ensuite direction retrait des dossards et là, premier bug du week end. Je n’ai pas pris la copie de mon certif car je l’avais téléchargé à mon inscription et j’ai vérifié avant de partir, il est indiqué “validé” sur le site. Hors quand j’arrive pour le récupérer on me dit que non, qu’il n’y a aucune validation en ligne. What? JB est dans le meme cas. La nenette derrière nous idem. On n’a donc pas révé!!  bref je tente une récupération du certif sur ma boite mail mais comme je tape jamais mon mot de passe ben je m’en souviens plus et bim je bloque ma boite apres trop d’essai erronés. Le gag. Après quelques minutes de tergiversation et négociation , entre énervement et angoisse de me retrouver sur le carreau, je convainc finalement le charmant responsable de me filer mon sésame sans certificat. OUF.

S’ensuit la traditionnelle soirée pizza et une courte nuit de 3h pour un levé à 4h du mat.

passerelle repas passerelle carole

Habillage, petit dej et direction l’embarquadaire ou nous prenons le bateau de la mira qui nous emmène sur le lieu de départ de l’autre coté du lac.

Opération strap les yeux collés

Opération strap les yeux collés

5h45 on est super bien révéillés yeahhh

5h45 on est super bien révéillés yeahhh

6h35 le départ est donné.  JB et moi avons deja couru une bonne partie du parcours ensemble l’année dernière nous partons donc en binome à un rythme tranquille. Le parcours est tout de suite très joli et nous prenons beaucoup de plaisir sur cette première partie. Il ne fait pas encore trop chaud et meme la première ascension nous parait facile. Nous devisons joyeusement sur l’aspect “roulane” de cette cote, le genre de cote qu’on pourrait courir si on n’avait pas 50km devant nous quoi.
P1010286
Ensuite ça redescend un peu puis on remonte, ca commence à chauffer un peu mais on est tous les deux toujours bien. km 14 on nous annonce le ravito dans 4km. what? il est prévu au k16 normalement. le bénévole suivant idem “ravito à 4km” .. et le suivant pas mieux. Ca doit etre ça ce qu’on appelle un “running gag”?  bref. km 18 ou 19 voici enfin le ravito. on fait le plein des bidons, et on s’asperge copieusement d’eau dans un bassin avant de partir à l’assaut de la prochaine difficulté.

1er ravito on a le sourire, c'est roulaaaaane

1er ravito on a le sourire, c’est roulaaaaane

Nous nous sentons tous les deux toujours assez bien malgré la température qui monte qui monte. Le paysage est totalement somptueux. Le passage sur les rails en surplomb du barrage est à  couper le souffle. Tous les coureurs s’arrêtent pour admirer la vue et chacun y va de son petit “tchouu tchouuu” au passage du tunnel.
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Le second ravito ne devrait pas tarder, mais avec le décalage kilométrique on est un peu paumé. Le voici enfin après un petit passage très sympa et rafraichissant dans la mine de la motte d’aveillans.
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Et là c’est le drame, le ravito censé être “complet” est totalement dévalisé. Plus de coca, plus de bananes, plus grand chose. Les bénévoles sont aussi décontenancés que les coureurs arrivants et vont récupérer du coca chez eux pour nous le proposer. Et là je pense que je fais l’erreur qui va plomber le reste de ma course. J’avale un verre de coca chaud. On repart pour la première grosse grosse difficulté du parcours, l’ascension du sénépy. J’accuse tout de suite le coup. Le ravito n’est pas passé du tout du tout. Je souffle comme un boeuf ce qui inquiète JB qui me propose une pause. Je refuse de peur de ne pas pouvoir repartir. Tant bien que mal, en perdant énormément de temps sur cette partie,  on rallie donc le ravito suivant au km 31 ou là encore il ne reste quasiment rien. Des bénévoles sont meme descendus chez eux en catastrophe chercher des pack d’eau. Nous faisons une vraie pause d’au moins dix mn pour essayer de me remettre un peu d’aplomb, on rigole un peu avec les bénévoles qui sont vraiment adorables et serviables, puis on repart finir l’ascension du Sénépy. Cette deuxieme partie me parait beaucoup plus facile, moins raide, je me sens un peu mieux ; nous atteignons le sommet sans trop de difficultés. La vue est imprenable, pause photo oblige.
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Et c’est partie pour la descente. La première partie tout va bien puis d’un coup, gros coup de chaud je suis à deux doigts de tourner de l’oeil, je m’arrete. JB s’inquiète et m’asperge avec ce qu’il nous reste d’eau vu que normalement le prochain ravito est pas trop loin. Quelques centaines de mètres plus loin un bassin. Hallelujah. JB me verse l’équivalent de 50litres d’eau sur la tronche et noie mon téléphone au passage mais pfiouuuu ça fait du bien. Puis ravito. On est au km 36.5 – on est censé etre au km32. La barrière horaire est censé etre à 14h30 au km41 mais on nous annonce qu’elle est à 8km. Autrement dit le flou kilométrique annoncé/réel nous met dans le rouge pour passer la dite barrière. On repart. Et là les rôles s’inversent un peu. Moi ca va mais JB souffre du genou. Il me dit de partir devant pour attraper la BH mais je me vois pas continuer en le laissant derrière alors que j’ai pas arrêté de le freiner. Bref on progresse à un rythme plus que moyen en voyant défiler l’heure mais en espérant que vu qu’il y a quasi 5km de plus ils auront reculé la BH. Et c’est le cas ! On la passe tout juste avant 15h pour redescendre emprunter la première passerelle.
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Puis derrière ça remonte et là j’ai plus de jambes, j’ai mal dans la main strapée (ben oui ça gonffle) , j’ai plus d’énergie et en y repensant à postériori je pense qu’il est clair que je ne me suis vraiment pas assez alimenté. Bref je laisse JB prendre quelques longueurs d’avance, je me dis que même si je passe la prochaine BH je me vois mal affronter la Côte Rouge (2eme grosse difficulté du parcours) sur la fin. Jusqu’au sommet j’ai toujours JB en ligne de mire et puis quand la descente s’amorce  je le perd vite de vue (le monde à l’envers!!) je ne peux plus avancer, j’ai l’impression d’avoir les pieds en bouillie (et c’est le cas comme je le constaterais plus tard) là je sais que c’est fini pour moi. Je constate néanmoins qu’il y en a qui ont plus morflé que moi car au point sécu de la croix rouge il y a au moins 8 grands gaillards étendus par terre. Je finis enfin cette descente qui me semble interminable et traverse la deuxième passerelle. De l’autre côté, au kilomètre 50,  on m’annonce que je suis hors course ; la barrière horaire ayant été fermée… il y a 3 minutes. 3minutes. putain. Le bénévole qui est là est vraiment très cool. On discute un peu pendant que j’avale ENFIN DU COCA! je m’assure que JB est passé et puis il faut rentrer.. à pied oui ya pas de rapatriement. 5km de marche. Ben finalement j’aurais bien fait 55km aujourdhui.

Au camping je retrouve Carole et Simon qui n’ont pas passé la première BH, Mia quand à elle a abandonné à cette même BH elle était juste derrière nous mais n’est pas repartie, coup de chaud.

Malgré ce relatif échec groupé (sauf JB qui a quand meme bouclé yeahhhh bravoooo) nous avons tous un grand sourire et parlons déjà de notre revanche l’année prochaine. Ce parcours est trop beau pour ne pas y revenir, mieux préparée. Deja je pourrais pas l’être moins huhu.

Crédit photo moi meme + 2 ou 3 piquées à JB et Carole

NB : j’ai les pieds en bouillis donc, je suis gentille je vous épargne la photo de mes gros orteils décollés ^^

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