CR du trail du Grand Duc en duo : Les Filles du Calvaire

Le dernier week end de  juin sonne le jour du premier gros défi de l’année 2015 : le trail du Grand Duc de Chartreuse sur lequel je suis inscrite en duo avec ma coéquipière Carole. Carole commencera le relai avec le gros morceau de 49km et je concluerais avec un petit digestif de 38km / 1600 d+

C’est un double défi car déja que le morceau ne s’annonce pas facile, quand en plus on n’a pas couru depuis presque 3 mois, ça devient carrément velue cette histoire!! En effet je me suis cassé l’orteil 3 jours après le Lyon Urban Trail ce qui m’a immobilisé un mois et demi puis une contracture à la cuisse dès la reprise , 3 semaines de plus. Carole quand à elle sort d’une prépa marathon et se prépare pour le grand raid de camargue bref le déniv c’est pas trop ça!
Je vais donc mettre une fois de plus à l’épreuve la technique désormais très éculée de la non prépa.

27 juin me voici donc aux Echelles pour retrouver ma coéquipière et son chéri Christian qui s’attaquera au tour complet en solo pour un petit briefing et la récupération du dossard et du merveilleux t shirt en coton.
On se met au point sur les horaires prévisionnels, évoquons vaguement le sujet des barrières horaires. Le point le plus problématique nous semblant être St Laurent du Pont, soit la première partie de mon étape. Si Carole ne me donne pas le relai aux alentours de 14h30, la BH de 18h à St Laurent sera compliquée pour moi. D’autant qu’en laissant trainer les oreilles par ci par là cette partie semble pus ardue que prévu.  Nous restons cependant confiantes, nous sommes là avant tout pour nous faire plaisir!

28 juin – 7h30 réveil. ma première pensée est pour ma coéquipière partie 2h avant. Je check mon téléphone, rien, j’ai le temps, elle doit m’envoyer un sms à son passage à la fin de la première étape vers 8h30/9h je pense. Direction petit déj puis en route, j’ai prévu de la voir aux environ de 11h au ravito de st thibaud de couz.

9h40 réception du sms, l’heure me laisse dubitative.

10 h on est dans la place, mes parents nos 2 chiens et moi on s’installe gentiment dans le gazon sous un soleil pas encore trop pesant.
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10h30 j’ai la surprise de voir passer Christian que je n’attendais pas si tôt! le sieur a l’air frais comme un gardon et m’annonce qu’on lui a dit que Carole n’est pas loin derrière ! super !!

10h45 Carole n’est pas là
11h00 Carole n’est toujours pas là
11h15 Mais ou est Carole
11h30 Je suis zen je suis zen MAIS OU EST MA BLONDE

12h elle déboule enfin !!
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Petit débrief rapide pendant qu’elle se ravitaille, ca va mais elle en chie. L’horaire fatidique de  15h aux Echelles ou je dois prendre le relais s’annonce compliqué. On se met d’accord, si à 15h elle n’est pas là je pars en off, je l’appelle avant de partir pour être sure (histoire de pas se rater à 2mn se serait con).

12h30/13h30 pause déjeuner dans un coin tranquille en bord de rivière pour rafraichir les canidés puis direction le point relai aux Echelles.

14h au point relai où pas un centimètre carré à l’ombre n’est disponible. Je commence à me mettre en condition avec toujours l’espoir que Carole ai un regain d’énergie et arrive dans les temps. Je visse la casquette sur la tête, me badigeonne d’écran totale et me rend au point chronométrage pour essayer d’avoir des infos sur la position de mon binome. Là on m’annonce que d’après ses temps de passage, son arrivée est prévue pour 14h40 !! what!!? ce serait super ! je vais donc m’installer ds le couloir des duo en attente ou je retrouve Séverine venue en supportrice.

14h20 Cristian arrive !! décidémment, jamais ou on l’attend ce cricri ! je pensais qu’il était passé depuis longtemps et qu’on l’avait raté! cette arrivée anéanti donc mes espoirs. Si Christian n’arrive que maintenant, aucune chance que Carole déboule en moins de 40mn ce qu’elle me confirme au télé à 15h40 en arrivant en haut de son dernier col. “je suis cuite, je serais pas là à 15h, part”  Les jeux sont faits, je partirais donc en “libre” à 15h. Je suis donc Christian au ravito pour prendre des news ; il m’annonce qu’il arrete, trop cuit et plus d’envie, la prochaine BH lui sera fatale alors autant arrêter les frais.

Je vais donc me placer au milieu du petit groupe des duo en perdition  dans l’attente qu’on nous laisse partir à 15h. Severine ne tarie pas d’effort pour m’apporter un peu de motivation.

15h02 on a le feu vert de la direction de course, c’est parti.

On commence par 3.5km de plat sur le bitume et chemins agricoles en plein cagnard. Je pars assez vite je sais pas trop pourquoi je me dis surement inconsciemment que j’arriverais plus vite à l’ombre. Je suis pas trop mal mais j’ai deja très soif malgré des gorgées régulières. Je ne souhaite qu’une chose c’est qu’on attaque la montée ombragée.

km 4 : mon voeux est exhaucé, on arrive en sous bois.

on tombe d’abord sur un gros passage plein de boue, une vraie marre ! comment il peut y avoir une mare par 40° putain !! je me dis que ça doit etre presque sec et pause le pied. bim je m’enfonce jusqu’à la cheville et manque d’y laisser ma fellraiser. Deux mecs arrivent derrière et me voyant engluer contournent consciencieusement le chemin en me laissant dans mon merdier sans un mot. Sympa les mecs! bref je m’extirpe et sort du chemin au bout duquel on bifurque à gauche pour attaquer l’ascension.

km4,5 c’est beaucoup BEAUCOUP plus raide que ce que j’avais envisagé. On zigzague à brut dans le sous bois en flanc de montagne, quel mur. Je montre les premiers signes de déshydratation, sueurs froides. Je n’arrive pas à me rappeler à quel kilomètre est prévu le ravito, fait chier
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km6,5 : Tramoley et son “passage en marche obligatoire” ! cte blague merci de me prévenir que j’ai pas le droit de courir car j’en avais totalement l’intention là maintenant tout de suite, dans ce mur de pierre que l’on escalade à l’aide du cable accroché à la paroi.

J'ai piqué la photo je ne sais où - soyez libre de réclamer votre copyright!

J’ai piqué la photo je ne sais où – soyez libre de réclamer votre copyright!

quelque décamètres de descente et on repart dans le dur de l’ascension. Je n’ai jamais autant tiré sur mes bâtons, je galère sévère mais je regarde mon chrono et ça me semble pas mal alors je continue. Par contre j’ai presque plus d’eau. Je commence à fantasmer sur les 3 verres de coca glacé que je compte me taper au ravito.

km9 : j’entends des voix au dessus de moi, encore quelques mètres à pic et le voici enfin ce ravito. Et là c’est le drame : plus de coca, plus de fromage, plus de saucisson, les bananes doivent etre cuites depuis 3h sur la table tellement elles sont noires, il ne reste que des tucs et de l’eau (à peine, cest la fin du dernier bidon ). Dépitée je fais le plein de mes bidons en grognant et sans rien manger.

à cet endroit j’ai deux options :

soit je continue mon étape normalement. Il est 16h50 j’ai encore 1h10 pour arriver à st laurent du pont, si je n’y arrive pas je serais stoppée là bas.

soit je prends le shunt qu’on nous propose : un raccourci qui me garanti de pouvoir passer dans les temps à st laurent pour continuer sur la 2eme partie de mon morceau.

je tergiverse quelques secondes, 1h10 pour 8km ça doit etre faisable non? il reste 2.5km d’ascension et ensuite on descend. je me suis pas tapé 6km de mur pour faire demi tour à 3km du sommet. et puis de toute façon la deuxieme partie apres st laurent est moins sympa, je suis moyen motivée pour me taper ces 20km. donc au pire je m’arreterais la bas tfaçon je suis deja pas classée autant profiter du voyage! bref je dis non au shunt et reprend l’ascension toujours en me disant que 18h cest encore jouable.

km9.5 : putain mais pourquoi j’ai pas pris ce foutu shunt déjà?

après quelques centaines de mètres j’arrive sur un replat ou on m’indique que je dois faire un petit détour par le belvédère pour pointer et ensuite repasser pour finir l’ascension. ha c’est donc pas encore fini.

Pointage – photos et on repart.

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et c’est toujours aussi raide. tain si j’avais pris le shunt ptete que je serais deja à st laurent devant une bière fraiche. j’ai mal dans les épaules à force de tirer sur les bâtons – je me demande plusieurs fois si je ne me suis pas trompé de chemin car dans la végétation d’1m50, la trace des coureurs précédent est à peine repérable et les rubalises qui doivent être périmées depuis 5 ans tellement elles sont claires/délavés n’aident pas.

km11,5 après 2h25 de course dont 1200 de d+ sur 7km je suis en haut, hallelujah !! il me reste 35mn pour faire 5,5km en descente – connaissant les rouages du trail je sais que potentiellement la BH peut etre reculée de 15 voir 30mn suivant le nombres de combattants encore en course. On amorce un single technique mais praticable, je me dis que c’est faisable, avale quelques bonbons acides pour retrouver un peu de lucidité et m’attelle à faire la descente.

km12 : c’est le drame, on bifurque pour se retrouver face à face avec la pente, c’est très technique, étroit, raide, on zigzague dans les bois sur un chemin à peine visible,des troncs d’arbres énormes à escalader de temps en temps (bon des fois je rampe en dessous). Mes espoirs de gagner du temps dans la descente s’effritent peu à peu. A des moments je suis tellement blasée du pourcentage que je me dis que si je me mets sur le cul je peux ptete descendre sans rien faire. Oui je crois qu’on peut dire que je suis au bout du rouleau.

km13 je pensais que ça ne pouvait pas être pire et bien j’avais tort. Me voici face à la cheminée de Fetrus ou on m’indique qu’il faut que je fasse très attention et interdiction de courir. Sans blague. Donc la cheminée cest quoi? ben on dirait un torrent asséché, en gros un mur de blocs de pierres plus ou moins gros et plus ou moins stables d’environ 500m que tu dois descendre/ sauter/enjamber. Plusieurs fois je me retrouve à l’arrêt sur un rocher en mode – qu’est ce que je fou là – où je vais? – où je suis censée poser le pied suivant? la chaleur accablante et le manque de lucidité donnent des allures de casse-tête chinois à cette cheminée. Heureusement le gilet fluo d’une bénévole un peu plus bas m’indique vaguement la direction, et quand je suis à portée de voix elle m’indique les blocs les plus stables. “encore 50m et vous sortez de la cheminée à droite” OUF.

The cheminée qui fait fumer J'ai piqué la photo je ne sais où - soyez libre de réclamer votre copyright! (bis)

The cheminée qui fait fumer
J’ai piqué la photo je ne sais où – soyez libre de réclamer votre copyright! (bis)

on repars donc en descente légèrement plus praticable.

k15,5 18h20 Carole m’appelle pour savoir ou j’en suis et m’informer qu’ils ferment la barrière. Oui ben toute façon je me voyais pas trop enchaîner les 20 derniers kilomètres. “on est au troquet avant l’arrivée, on t’attend avec une bière fraiche” ! enfin une bonne nouvelle !

km17 : mais elle est ou cette arrivée? on traverse saint laurent sur le bitume écrasée de chaleur.

km18 quelques escaliers pour achever les quadri et l’arrivée est en vue. Carole me rejoint pour les derniers mètres et enfinla ligne, un bénévole me prend mon dossard.  Le calvaire prend fin.

18,6km / 3h40

On se retrouve donc tous autour d’une bière réparatrice pour partager nos déboires ; Carole est arrivée aux Echelles à 16h30. Cricri comme prévu n’est pas reparti. La journée a été rude pour tout le monde mais nous parlons déjà de nos prochains défis.
Ha ces traileurs!

Bilan :

Pour moi la journée a été compliquée mais 3h40 pour ce parcours me laissent finalement plutot satisfaite, pas de prépa déniv, zero kilomètres dans les jambes ce chrono n’est pas si mal, j’avais prévu 3h sans connaitre la descente cauchemardesque qui m’attendait. Je suis surtout rassurée sur l’état de mes blessures. Aucune douleur à la cuisse, ce que je craignais beaucoup vu que j’avais encore mal en marchant 5 jours plus tot. L’orteil a également tenu le coup alors que le matin même en enfilant les fellraiser pour la première fois depuis 6mois j’étais plus que dubitative.

Bref une belle journée de souffrance et de masochisme à l’état pur. Rendez vous dans 3 semaines pour le trail des passerelles, ses 55km et ses 2900 mètres de dénivelé!

 

 

 

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Le Sancy épisode 2

Il y a quelques mois j’ai eu un accident en allant au trail du Sancy, accident qui a définitivement eu raison de ma voiture.
Pour la revanche hivernal me voici donc en ce samedi 17 paré au départ avec mon gros sac, mon sac à dos et mon loustic pour un voyage en train de 2h30 jusqu’à clermont où Steph et son XY me récupèrent en frolant la correctionnelle (voie de bus + 2 feux rouge devant des uniformes ooooops). Après une soirée bien animée et un repas gargantuesque comme il se doit, notre troupe de joyeux traileurs se disperse gentiment pour une courte nuit.
Dimanche 18 janvier 7h biiiiip biiiiiipppp
Camarade de chambre me demande si c’est le réveil, ben oui Nolwenn qu’est ce que tu veux que ce soit huhuhu
Après un habillage rapide puis petit déj copieux agrémenté d’une conversation sur le thème “pourquoi on n’a pas choisi macramé comme hobby”? nous abandonnons, non sans un grand sentiment de culpabilité, nos 4 bestiaux pour se rendre au départ. Steph partira sur le 20, Christophe, Nolwenn et moi sur le 30 sauf si on change d’avis d’ici le 10eme km, point  où les parcours se séparent.
Il fait froid mais le temps s’annonce beau. Je pars juste avec un manche longue thermo + coupe vent ça devrait suffir.
9h et des brouettes le chrono est lancé.

On commence par une petite descente sur le bitume, coincées au milieu des conversations du peloton. Heureusement dès que l’on amorce une petite montée, toujours sur le bitume, beaucoup passent à la marche et Nolwenn et moi les doublons allégrement toutes heureuses d’échapper à certaines discussions débilo-étrange entendues de ci de là. J’informe néanmoins mon binome que j’ai la hanche gauche qui grince un peu. Bon, c’est le temps de se chauffer me dis je.

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Au 5eme k on repart en descente, dans la neige cette fois. Le surkiffe. Youhouuu on vole (mais non j’exagère pas du tout). Ensuite un joli sentier valonné nous fait contourner un lac. C’est vraiment magnifique, le temps est parfait,  niveau cardio je me sens super bien, tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes si ma hanche ne me faisait pas souffrir de plus en plus.
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Au 10eme k on arrive au ravito où je me goinffre allégrement de fromage, ananas, saucisson et jambon cru. Je demande en rigolant à Nolwenn si on n’a pas changé d’avis. En vrai je lui ai pas dit mais l’idée m’a traversé l’esprit de partir sur le 20 car je le montre pas trop (bon quelques jurons par ci par là) mais j’ai en fait VRAIMENT super mal. Mais bon il fait trop beau pour renoncer à un si joli parcours et courir raisonnablement n’a jamais été mon point fort je ne bronche donc point quand elle me confirme que nous n’avons pas changé d’avis. Nous nous dirigeons d’un pas décidé vers les 2 gugusses qui se livrent un combat verbal pour attirer les traileurs sur leurs parcours respectifs et partons sur le 30 comme prévu. Très sympa cette ambiance ! Nolwenn a la patate et part comme une fusée je lui fais gentiment remarquer que mon estomac est capricieux et qu’il faut que je me remette en route héhé.
Et c’est à partir de là que ça se complique un peu. Ca monte encore et toujours. Avec à plusieurs reprises un 2eme effet kisskool, tu crois que tu es en haut et en fait pas du tout ça repart de plus belle. Je commence à vraiment trainer la patte et agrémente cette balade d’un “putain samère” environ tous les 4 pas. En gros je suis dans l’incapacité de ramener la jambe gauche vers l’avant, du coup je tracte tout avec le côté droit. On est même pas à la mi-parcours. Je suis pas trop sure de pouvoir finir mais j’écarte régulièrement cette idée en en prenant pleins les mirettes. C’est pas moche le Sancy.
Monsieur Basket qui a fait la premiere partie avec Steph nous ratrappe finalement après nous avoir chassé un petit moment nous dit il. Il nous demande comment ça va, Nolwenn est super, moi jsuis sur une jambe mais sinon ça va. C’est pas pour vous faire peur mais c’est là haut qu’on va nous dit Christophe en nous indiquant un sommet au loin. Quoi? Sérieux? Heu je suis pas sûre que ma hanche arrive jusque là haut.
C'est tout là haut qu'on va glouuups

C’est tout là haut qu’on va glouuups

Après un petit bout de chemin avec nous une petite convers au 2eme ravito et quelques encouragements,  Monsieur Basket nous dépose sur place après m’avoir très gentiment laissé ses bâtons qui espérons-le me permettront de soulager un peu la douleur.
On attaque donc le gros morceau du Puy Gros, la première partie est un peu longue et chiante. Je fulmine intérieurement d’être un boulet pour ma binôme et la 2eme partie de l’ascension qui a l’air bien plus raide ne présage pas d’amélioration de mon état. Je suggère à Nolwenn que je pourrais me laisser décrocher jusqu’à nos camarades qui sont derrière et qu’elle pourrait partir tranquille à l’avant. Réponse : “hors de question”. ok ok !  Finalement la 2eme partie qui m’avait l’air infranchissable de loin se fait assez gentiment, les batons laissés par Monsieur Basket me sont d’une grande utilité. Il a y quelques grosse marches à monter ou je bloque un peu à me trainer cette jambe morte, mais sinon dans l’ensemble c’était bien plus facile que ça en avait l’air, pas de quoi en faire une montagne.  
On arrive en haut ou une petite bandes de joyeux lurons donnent de la voix. Nolwenn me demande si elle hallucine ou si elle a bien vu une bière géante. T’as pas révé non non. On s’élance donc en souriant dans la descente très accidentée dont une partie en rappel pour moi, sur le cul pour Nolwenn. Puis je relance quand la pente se fait moins raide avant de me retrouver derrière une blonde pas décidé à laisser passer. Je me mets dans la poudreuse pour la doubler et j’ai droit à une jolie queue de poisson. Je lance un regard blasé à Nolwenn à base de “elle se fou de ma gueule cette conne ou quoi” qui déclenche chez ma binome un bon fou rire. On passe donc le turbo pour doubler la dame, Nolwenn toujours en train de se marrer. La douleur est bien piquante et ma jambe droite commence à fatiguer à force de compenser. Nolwenn – mon soutien moral dans l’adversité – me confirme que j’ai une foulée “de cheval à abattre”.
 sancy
Arrive le 3eme ravito au 23eme km. Nouveau goinffrage saucisson/fromage et j’envoie un sms à Steph comme convenu. On repart sur la dernière grosse côte de la journée. Nolwenn qui a fait le 20 l’année dernière et connait le terrain me dit qu’elle est moins méchante que les autres. Tu parles mon cul oué ! La côte est certe un peu plus courte que les autres, mais beaucoup plus raide aussi. Enfin en tout cas c’est comme ça que me le fait ressentir mon membre mort. Nolwenn m’attend. Ca m’énerve pour elle. J’ai l’impression d’avoir un regain d’énergie et m’apprete à relancer quand soudain bim, je m’arrete net pétrifiée par une envie de vomir fulgurante, l’espace d’une seconde j’ai cru que j’allais m’évanouir. Nolwenn qui ne m’avait pas vu m’arreter se retourne interloquée “mais heuu t’as l’air sur le point de décéder là non?” mdr. Elle est magique. Je reprends mes esprits et on repart pour les 2 derniers km et enfin franchir la ligne ensemble en 5h23.
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La nuit nous appartient : CR Saintélyon2014

Il y a quelques mois ma camarade Laure se prend d’une grosse envie de tenter la Saintélyon mais hésite à se lancer, par peur de ne pas finir ou d’être hors délai ou ou ou etc..
Pas de problème quand il s’agit de s’inscrire sur un truc de taré sur un coup de tête bibi est là !! Je viens avec toi lui dis je, et même qu’on va finir large niveau BH tu vas voir !
Ca c’était il y a 3 ou 4 mois. Avec dans la tête un joli plan de prépa et tout le tralala pour être au top toussa toussa.
Mais ai -je déjà tenu un plan de prépa? non ! Est ce qu’en plus j’ai eu un accident de voiture (sans gravité mais qd même) qui m’a coupé ds mon élan et ma motiv en septembre? oui
Est ce que quand le froid et l’hiver arrivent je m’empâte comme une grosse vache? oui encore
Résultat on est le 6 décembre, je m’apprête à prendre le départ de la doyenne, 72km et 1800 de D+ et je n’ai couru que 170km depuis le 13 septembre. oui  vous avez bien lu, 170km en 3mois (LUT by night compris), ce qui équivaut à une préparation inexistante.
Me vla bieng. Notez que cela ne m’empêche pas de rabâcher à Laure qu’on va finir en moins de 12h. #grandegueule
11h le 6 décembre Laure débarque donc chez moi, on peut plus reculer. A midi nous nous avalons une assiette de pâtes en dissertant sur le choix des chaussures de course ainsi que sur la dame qui porte pas de culotte dans les reines du shopping (lol) puis nous prenons la direction du palais des sports craignant l’affluence au retrait des dossards. En fait lorsque nous arrivons il n’y a personne et en moins de 20mn nous voici en possession du ticket de bus navette, de notre dossard et de ce ridicule cadeau de course, les gants les plus mal taillés que j’ai jamais vu.

C'est une blague ces gants? il est ou le vrai cadal? :p

C’est une blague ces gants? il est ou le vrai cadal? :p

 Après quelques heures d’attente nous embarquons donc à 16h dans la première navette direction sainté où nous débarquons dans ce qui est appelé dans le road book “l’espace détente” et qui s’avère être un hangar pas (encore) chauffé lorsque nous arrivons. J’étale une de mes couvertures de survie au sol et nous nous installons tant bien que mal dans l’espoir de nous reposer un peu. Le hangar se remplit peu à peu de traileurs toujours plus équipés, certain débarquent avec la panoplie totale du campeur manque plus que le réchaud!

Ha l'espace détente 4étoiles quel bonheur

Ha l’espace détente 4étoiles quel bonheur

Le bétail arrive doucement

Le bétail arrive doucement

Bref le temps passe, nous croisons quelques connaissances, passons par l’étape “pasta party” dont les pates s’apparentent à du ciment tellement elles sont collées, on s’habille et il est bientôt minuit. Le temps de se diriger gentiment vers le sas de départ où nous partirons dans la dernière vague à minuit 20.

Les jambes sont prêtes #guêtresmagiques

Les jambes sont prêtes #guêtresmagiques


72km. on y est. je n’ai jamais couru si long. j’ai zéro prépa j’y vais en casse cou mais J’Y VAIS.

Pendant nos heures d’attente nous avons étudié le profil avec Laure avec cette réflexion ho combien philosophique que “pris individuellement chaque segment de course est très facile, ça grimpe que dalle en fait”. C’est comme ça que je vérouille mon cerveau. Je ne vais pas courir 72km, je vais juste courir 15km+12km+11km+11km+11km+12 – EASY

Sourire crispé de départ

Sourire crispé de départ

1er segment  Sainté – Saint Christo 15km / 420 d+
On démarre sur 7km de bitume. Contre toute attente on ne déplore pas de bouchonnage grace à ces départ en vague. Mais la mise en route est difficile. Je ne sais pas si c’est la longue attente, le froid ou tout simplement mon statut de gros diesel mais dès les premiers mètres je suis assaillie de douleurs dans les jambes. Mal dans les chevilles à l’appui et à l’avant du tibia. Je me dis que ça va passer, que c’est la mise en route. Mais la mise en route dure un peu trop longtemps et les doutes commencent. J’ai pas de prépa, mes jambes se souviennent plus comment on court. Fort heureusement, c’est très roulant, du faux plat, on court quasi non stop, à des moments je suis en marche rapide pour étirer un peu tout ça et essayer de me décoincer alors que Laure court à côté je crois que ça l’énerve un peu huhu. On arrive sans encombre au premier ravito à un bon petit rythme régulier d’un peu plus de 7.6km/h. Un premier arret au stand se fait légèrement sentir mais devant la queue aux toilettes on abandonne l’idée..5 toilettes pour 12 000 coureurs..//superratio … le prochain ravito n’est qu’à 12km (lol) – plus que 5.
 
2eme segment Saint Christo – Ste Catherine 12km / 310 d+
On repart donc gentiment après un arret en coup de vent. Les douleurs dans les jambes ont enfin disparu et je savoure pleinement la ballade nocturne. Quelques floncons nous accompagnent dès que nous montons un peu, je n’ai pas froid, je me sens vraiment super bien sur ce tronçon. Le terrain est difficile, de la boue en veux tu en voila. Nous montons toujours à un bon petit rythme, je prends garde de ne pas trop lacher Laure dans la montée et lui ouvre la voie dans les descentes qui sont sa bête noire. Nous rallions tranquillement le 2eme ravito.
Nous squizzons à nouveau l’étape toilettes et nous dirigeons vers la bouffe pour se ravitailler un peu plus que précédemment. Sur les tables, chocolat, bananes, cookie et autres biscuits… nous constatons avec consternation qu’il n’y a pas de salé WHAT THE FUCK. J’avale un cookie et un morceau de banane par dépit et nous repartons.
3eme segment Ste Catherine – St Genoux 11km/ 370 d+
Nous repartons sous les flocons, je me dis que les conditions météo sont quand même tranquilles tout en regrettant le ciel bouché qui nous prive de la pleine lune. Un autre truc que je vais bientôt regretter, le squizzage de l’arrêt toilettes. Le terrain est toujours très difficile, nous progressons dans ce qui est littéralement une rivière de boue. A des moments nous devons sortir du chemin pour passer dans les champs tellement c’est impraticable. Escalader des barbelés c’est facile quand t’es un mec d’1m80, beaucoup moins quand t’es deux nenettes d’1,65 héhé. Et puis mes intestins commencent à sérieusement crier. J’ai vraiment mal au bide (et au cul haha faut le dire amis de la poésie bonjour). La longue descente jusqu’à Saint Genoux me torture littéralement les entrailles mais enfin voici le ravito.
 
4eme segment St Genoux – Soucieu 11km/ 235 d+
Arrêt tuyauterie donc. Et je vous le dis, il faut sacrément être désespérée pour entrer dans des chiottes pareil. Je vous épargne la description de l’immondisme mais putain de bordel de merde..
Après cet arrêt forcé nous nous dirigeons donc vers la tente de ravito. Et là c’est la grosse grosse galère. La tente est blindée, ça joue des coudes dans tous les sens, un mec me renverse mon coca dessus,  c’est surchauffé, on est bloqué à l’intérieur de ce bordel et il n’y a toujours pas de salé à bouffer. Je commence à sérieusement m’énerver mais nous nous extirpons de ce guet à pan avant que je ne tue quelqu’un. Aller plus que deux morceaux, on a fait le plus dur.

Du saucisson ou la vie ! #pardon

Du saucisson ou la vie ! #pardon

 
5eme segment Soucieu – Chaponost 11km / 210 d+
Le retour dans le froid après ce quart d’heure dans le sauna-ravito m’assomme un peu. Je sors mon arme secrète pour me remettre d’aplomb : les bombons acides lutti (les trucs longs qui pique là vous voyez?) ça me donne un bon coup de fouet et après un deuxième arrêt dans les buissons cette fois plus le choix, me revoici à nouveau d’attaque. Pour Laure en revanche ça se complique vraiment, ça commence à sérieusement piquer et je vois sur son visage qu’elle entre dans le dur. Elle aussi a mal au bide et un gros coup de pompe. Je me retourne sans cesse ou m’arrête pour l’attendre. Hors de question que je la perde j’ai dit que je l’accompagnais et qu’on allait boucler toutes les 2 en moins de 12h! et on va le faire !! Au moindre faux plat descendant je lui demande si c’est ok pour que je relance, je veux pas qu’elle se refroidisse trop. J’entends un des mecs qui court devant Laure dire à son pote que “cest la 50eme fois qu’elle nous double celle la” mais je m’en fou je vais vous doubler encore 50 fois si il le faut haha. Au détour d’un virage  je la perds de vue et sa mine quand elle déboule enfin me fait marrer, quand elle me balance “zut j’espérais que tu étais partie devant” mais on ne se débarasse pas de moi si facilement mouhahaha.  Nous arrivons enfin à Chaponost.
 
6eme segment Chaponost – Lyon 12km / 245 d+
Et là miracle ! Il y a du saucisson et du fromage !! On n’osait plus l’espérer!! On se jette dessus, je me fais un sandwich saucisson-fromage ho vindiou comment que ça fait du biennnnn.  Après ce ravito Laure a un petit regain d’énergie je l’ encourage, lui dit que c’est la dernière ligne droite, 12 petit km sur bitume c’est que dalle !!  ça le fait toujours pour 12h on lache rien ! Je pense qu’elle doit m’insulter intérieurement et me maudire sur douze générations mais elle sert les dents. Elle est courageuse ma Laurette!  La montée de Ste Foys est sacrément raide, une bonne petite blague de fin de  parcours pour t’achever. J’ai les jambes qui hurlent un peu (beaucoup) dans ce raidillon. Puis nous arrivons enfin sur Lyon, les 4 derniers kilomètres tout plat et chiants sur lesquels j’ai rampé l’année dernière en finissant les 47km de la saintexpress. Je me dis à ce moment là un peu émue que quand même j’ai fait du chemin depuis un an. Je relance, je force Laure à trottiner non stop sur ces derniers kilomètres, on double du coup pas mal de monde sur les quais et dans le parc, on ramasse les cadavres comme on dit. Je pars un peu à l’avant voir si mes parents sont là et retourne récupérer Laure à 200m de l’arrivée en lui suggérant de sprinter (lol pardon) – elle me lance un regard blasé. Je passe donc la ligne suivie de quelques secondes  par ma camarade qui me tape dans les mains. Mission accomplie ! 11h41 baby !
Ma maman est toujours aussi mauvaise photographe mais ça c'est vaguement nous à l'arrivée ;)

Ma maman est toujours aussi mauvaise photographe mais ça c’est vaguement nous à l’arrivée 😉

Bilan :
Une très belle course moi. J’ai vraiment savourer ces presque 12h –  je me suis sentie très bien dans l’ensemble, j’étais très surprise de finir aussi fraîche après une prépa inexistante.J’avais très très peur de la longueur, ma plus longue sortie des 2 mois précédents la course étant de 18kilomètres (+ le LUT) ; de quoi me donner des sueurs froides et des cauchemars la semaine d’avant je vous jure.
Bref je pense que ce qui m’a sauvé ce sont les nombreux kilomètres de marche fait avec mon loustic à 4 pattes qui m’ont permise de conserver un peu du foncier de ma prépa estivale de l’UT4M.
Je remercie ma Laurette de m’avoir embarqué sur cette course un peu folle. Et je suis supère fière qu’elle ait finie en moins de 12h comme j’avais prévu. 
Tu as toute mon admiration Laure, toi qui a beaucoup plus souffert que moi, tu n’as rien laché tu es une vraie battante ! Quand tu veux pour une autre “idée à la con” 😉
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T’as voulu voir la Bourboule…

et on n’a pas vu la Bourboule //musique //Brel

Il y a 3 jours j’annonçais mon programme de fin de saison en préparant mon paquetage pour La Forestière de la Bourboule.
oui mais comme le dit ce tout nouveau proverbe : tu pars pour la Bourboule et tout se chamboule.

En cause,  le genre de grosse merde qui te tombe dessus de manière totalement imprévisible : un pneu éclaté à 130 sur l’autoroute.
Une énorme frayeur. Un voiture réduite en épave. Quelques hématomes. Le coup du lapin et  la ceinture de sécurité tatouée sur le torse (pas exactement ce que j’envisageais comme premier tatouage hein nolwenn).  Des douleurs un peu partout au corps et à l’âme. Une après midi d’angoisse à l’hôpital en imaginant mon chien passé sous une bagnole. Bref un gros imprévu qui remet tout en cause même si au final je peux m’estimer heureuse ça aurait pu être bien pire.

Je suis donc à l’arrêt CAP pour une dizaine de jours. Forfait sur le trail de St Etienne de Crossey du week end prochain.
Prépa Saintélyon en suspend. On verra d’ici 15 jours si c’est encore envisageable de s’aligner sur le LUT by Night dans un mois, je devrais avoir eu le temps de récupérer j’espère.

Merci aux gens qui se sont arrêtes pour appeler les secours.
Merci aux gens qui ont sauvé Jorah.
Merci à l’inventeur de l’airbag.

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Time is running out

Les affaires reprennent. Il est temps. Un mois après l’UTV – dont j’ai complètement zappé le RC mais chut personne a rien vu vous vous en foutez –  et à deux mois du dernier gros objectif de l’année, la Saintélyon, il est bien temps de se remettre en jambes.
J’ai très peu couru pendant le mois de septembre (4 sorties), l’arrivée d’un certain canidé dans mon foyer a un peu concentré toutes mes attentions. Le bonhomme est supposé m’accompagner dans mes runs dans un avenir plus ou moins proche mais pour l’instant le bout de chou n’est pas pret, et comme il reste tout seul à la maison pendant que je suis au taff, ben quand je bosse pas ça m’embete de le laisser encore pour aller m’entrainer. Du coup on a marché tous les deux, pas mal marché, mais niveau run ça vole pas haut. Cela a néanmoins eu le mérite de mettre mon genou défectueux depuis l’ut4m au repos.
jorah
Ce week end retour aux affaires ! Steph m’a invitée à aller faire un petit tour du côté de chez elle où
nous nous alignerons ce week end sur la forestière de Charlannes. Elle sur le 15 moi sur le 25. Cette petite excursion qui s’annonce humide va permettre de jauger mon état de forme, voir si j’ai beaucoup baissé depuis la prépa ut4m/utv (oh que oui) et me relancer sur ma prépa saintélyon qui comprends quelques petites courses intermédiaires dont un petit 28km/1200 d+ le 12 octobre à st étienne de crossey et le LUT by Night le 8 novembre avec ses 24km/900d+.

La Bourboule

Aller dans 3h c’est le week end!!
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