RC UT4M 2/3 : Ze day I became a VRAIE maratraileuse

A quelques minutes du départ, alors que le speaker hurle littéralement des encouragements inaudibles dans son micro, je me répète avec application ma partition de course
4km d’échauffement – 13 de grimpette – 5 descente raide – 2 grimpette – 11 descente “roulante” – 4 plat – 3 dernier coup de cul raidasse – 2 descente – 2.5 plat

8h04 c’est parti !
Et là surprise, le peloton – essentiellement composé de solo- part comme une flèche. Hey les mecs je sais que vous êtes joliement affutés mais dois je vous rappeler que vous partez pour 30h de course pour les meilleurs et… plus de 50h pour les moins véloces ? Va falloir se calmer !
Perso je pars gentiment sur un rythme raisonnable de 6’/6’10 au kilo pour ces 4km à travers Grenoble.

Deuxième surprise, plus mauvaise celle-ci, je n’ai pas fait 500m qu’une douleur bien piquante  d’origine inconnue s’installe sur le haut du mollet gauche. Je suis prise au dépourvu, je n’ai jamais eu de problème musculaire ni de blessure. C’est quoi cette mauvaise blague? j’ai 47km devant moi bordel! Je mets ça sur le compte du stress, du manque d’échauffement (en meme temps je m’échauffe jamais), du fait que les fellraiser sur le bitume c’est pas super confort, bref j’ignore cette première alerte. De toute façon je n’ai pas le choix.

Nous quittons enfin Grenoble pour les premiers kilomètres pentus de ce périple, toujours sur bitume néanmoins. Je trouve ce morceau étonnement roulant et alors que beaucoup marchent déja (bien la peine de partir comme des dératés) je cours tranquillement. La douleur, après avoir bougé (?) s’est atténuée. Tout va bien. Je me pose quand meme quelques questions car sur le profil ça avait pas l’air aussi roulant ou alors je suis en super méga forme (lol), mais bon profitons de cette relative facilité sous les yeux bienveillants de quelques spectateurs et des 3 pucelles au loin.

Les 3 pucelles

Jusqu’ici tout va bien

Arrivée sur la tour sans venin, j’entends mon prénom au loin. La team est là. A contre jour je ne vois que des ombres mais je les entends sacrément bien les loustiques donnent de la voix. Ils me diront plus tard qu’ils étaient surpris de me voir courir à cet endroit et qu’ils avaient peur que je me grille d’entrée. Mais non je suis bien, je monte à un bon rythme sans forcer.

A partir de là cependant on quitte enfin le bitume et le chemin se fait plus raide. Les choses sérieuses commencent. Le tremplin olympique du moucherotte en ligne de mire. Petit passage sur un replat et il est en vue le bougre !

C’est lui tout là bas !!

Il est là ! Ce mur de marches en ruine et bien trop hautes pour mes guibolles ! Les bâtons sont d’une grande aide. En tant que lyonnaise j’ai l’habitude des marches mais celles ci c’est vraiment pas une sinécure. Yen a combien exactement?
Je monte cependant à un bon rythme, hey je veux pas que les bogosses derrières moi puissent dire que je les ralenti 😉

Sont hautes ces foutues marches

Sont hautes ces foutues marches

Oué c'est ça marrez vous !!

Oué c’est ça marrez vous !!

Et puis en haut ma team d’excités m’attend, je les entends déja!!

Ici une video du dauphiné libéré sur la première partie de la course qui vous donne un meilleur apperçu de ce qu’est la grimpée du tremplin : 

Kilomètre 13.5 c’est l’heure du premier ravito que j’ai donc rallié en 2h15, bien plus vite que je ne pensais. Un tuc, une rondelle de saucisson, un coca, un petit brief avec les copains qui s’assurent que ça va et je repars à l’assaut du Moucherotte.

Ravito

Je fais un peu tache au milieu de ces mâles affutés

La douleur joue un va et vient déconcertant. Au niveau du creux du genou, le poplité pour les intimes. Elle réapparait et disparait régulièrement mais chaque réaparition se fait plus douloureuse.

Dans la montée du Moucherotte ça trainasse beaucoup ! je suis bloquée derrière une brochette de mecs qui n’avancent pas mais qui ont l’air de trouver que laisser passer une nana fut elle “simple relayeuse” est inenvisageable. Le mec devant moi au lieu de se servir de ses bâtons les maintien en position “chasse neige” pour empécher toute véléité de doublage. Je fulmine intérieurement. J’envoie un sms à Carole (c’est dire si ça traine) “ça bouchonne je suis verte”.
Réponse de Carole : destress cocotte Réponse de Cricri : pause ce téléphone et avance . lol

Le single devient route forestière et je passe enfin la ribambelle de macho. C’est du cailloux c’est casse gueule, les chevilles morfflent un peu.

Et puis km17 – l’arrivée à la table d’orientation du Moucherotte – le point culminant du parcours avec pour récompense la vue dégagée sur Grenoble. Je prends une photo et jète un oeil sur le chrono : 3h10.. j’avais prévu 3h30 au mieux, je suis satisfaite et m’élance dans la descente.

La vue de là haut

km22 on attaque la deuxieme ascension de la journée. Partie chiante, on est dans les arbres, on voit rien, il commence à faire bien chaud et moi quand il fait chaud j’aime pas!! bref je galère bien plus sur cette courte cote que sur la montée du Moucherotte.. allez comprendre.

On attaque ensuite une longue descente,c’est roulant, c’est large, c’est pas très technique bref pas de quoi satisfaire mon âme de descendeuse d’autant qu’aux alentours du km25, à la faveur d’un faux plat montant, la douleur fait sa réapparition pour s’installer définitivement. A partir de là il va falloir serrer les dents, on rigole plus trop et on se coltine cette descente interminable.

Après un long faux plat montant en plein cagnard sur le bitume avec plein de gens qui nous offre de l’eau tout le long c’est adorable,  on arrive au dernier ravito. Là, joli moment de solitude, je sors mon gobelet le déplie pour le tendre au bénévole et bim, le dit gobelet se désintègre littéralement (rappelez moi d’aller engueuler le vieux campeur). Le monsieur me trouve un gobelet en plastique en riant et me sert mon coca. Un tuc et ça repars.

Un kilomètre plus loin mes parents sont là. Je leur dit que tout va bien, omet volontairement d’aborder le sujet poplité et leur donne rendez vous dans 1h30/2h à Vif avant d’aller m’attaquer à la dernière grimpette du jour.

Et là comment vous dire, j’en chie grave samère ! Je sers les dents mais la douleur est à présent vraiment vicieuse, située dans le creux du genou gauche elle descend dans le haut du mollet et remonte aussi à l’arrière de la cuisse. comme c’est hyper raide les tendons crient au meurtre à chaque extension. Je pense que je mets 45mn pour faire 2kilomètres…

C’est ensuite 3km de descente, sur chemin caillouteux, à force d’essayer de trouver une posture pour soulager mon genou je me coltine un point de côté comme jamais j’ai eu. Je double quand même un relayeur bien cuit qui marche dans la descente  (ça faisait longtemps que j’avais vu personne tien) mais obligé de m’arrêter 1mn pour essayer de soulager ce point de côté, rien n’y fait. Je sers les dents et je repars, j’ai trop les nerfs de perdre du temps si prêt du but.

C’est enfin l’arrivée sur Vif, Carole me rejoint aux anges pour faire les dernieres centaines de mètres avec moi tout en appelant le reste de la team pour les prévenir de mon arrivée imminente.

C'est la quiiiilllle !!

C’est la quiiiilllle !!

Je passe le relais à Maryk en 7h40 pour 46.6km et 2625 D+, 20mn de moins que l’objectif fixé, malgré la douleur et la perte de temps idiote sur la fin.  Ma troupe de supporters/parents/team m’accueille et me félicite. Mission accomplie !!

Passage de relais enthousiaste

Passage de relais enthousiaste

TO BE CONTINUED…

Advertisements
This entry was posted in RC Course and tagged . Bookmark the permalink.

5 Responses to RC UT4M 2/3 : Ze day I became a VRAIE maratraileuse

  1. aurore says:

    Un grand bravo en tout cas ! J’aimerai vraiment faire moi aussi l’UT4M à 4 un jour !
    J’ai exactement le même problème que toi, j’ai un kyste poplité derrière le genou et lors de mon dernier trail, je commencais a vraiment avoir mal au bout du 30eme km … Et j’aimerai allonger les distances, mais avec ce foutu genou.. Je ne sais vraiment pas comment m’en débarasser !

    Ca va mieux toi ?
    En tout cas ton blog est top
    A bientôt

    • oaz81 says:

      il faut trouvé 3 potes un peu timbrés et tu peux te lancer 😉 c’est vraiment une très belle course et l’organisation est juste parfaite. jai jamais vu autant de bénévoles sur une course.
      Côté récup rien à signaler meme pas une courbature et pour le genou , j’ai faut 15jours de repos et c’est oublié je ne sais pas d’ou cela venait. mais ton pb a l’air plus sérieux et réccurent tu as consulté?

      • aurore says:

        Non car cela est apparu suite à une entorse de la cheville quand je faisais du ski. Mon médecin m’a dit que c’était un kyste poplité mais cela ne fais jamais mal au quotidien, je ne le sens même pas. Ca commence a me tirer sur le genou dès que je marche pendant longtemps et vu que j’ai pas mal marché sur ma dernière course…
        Je suis allée voir un osthéo après ma course et il m’a bien confirmé que mon creux poplité était rempli donc je pense que ça vient de la …
        Mais 2 semaines après ça allait mieux et maintenant je recours sans douleur, étrange.

        Il parait que cette course est vraiment dur ! Oui j’essaierai de trouver mes 3 potes fous alors ahah 🙂 Les bénévoles c’est important, vraiment bon pour le moral surtout quand tu es dans le dur ! C’était ta première course aussi longue j’imagine vu le titre ?

      • oaz81 says:

        oui courses très dure (notamment le relai 3 très costaud et de nuit ) mais absolument magnifique.
        Ma première course aussi longue avec autant de dénivelé surtout. j’avais fait les 47km de la saintexpress l’année dernière mais le denivelé et le terrain (bcp de route) c’était de la rigolade à coté 😉

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s